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Freaks & Geeks, Keskeuçé ?


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Mardi 8 avril 2008
"Nature abhors normality. It can't go very long without creating a mutant."

Essayez d'imaginer : X-Files, 15 ans après.
Mulder, devenu alcoolique chronique et au placard du FBI depuis longtemps, est invité chez son ex et son futur nouveau mari qui organisent un dîner avec Scully et de vieux collègues pour lui remonter le moral. Copieusement éméchés, les deux vieux complices se retrouvent à l'étage dans la chambre de l'ex. Un joint amenant une levrette, le mélange aura raison de l'agent Mulder qui s'écroule sur une peinture moderne coûteuse avant de l'achever en vomissant dessus. À ce moment, les hôtes et leurs invités alertés par le bruit ouvrent la porte de la chambre pour découvrir les deux agents dénudés, lorsque Scully rend à son tour son dîner sur la literie pré-nuptiale.

J'aurais eu du mal à imaginer cette scène 15 ans plus tôt, alors fan de la série X-Files (et plus trop boutonneux pour ceux qui se posent la question). Et pour cause, il ne s'agit plus de notre bon vieux Mulder, mais de Hank Moody, le (pas si anti ?)héros de la série Californication, le nouveau Duchovny.

DAVID DUCHOVNY EST UN MUTANT

C'est le papier de Bertrand avec la citation d'Alain Resnais (qui m'a fait d'ailleurs découvrir son goût pour les séries américaines, plutôt surprenant, non ?) qui m'a rappelé cet épisode incroyable de X-Files : Humbug, saison 2, épisode 20, réalisé par le Kim Manners pré-cité. Cela aurait du me mettre la puce à l'oreille. Rappelons la trame de cet épisode (extra)ordinaire.

Mulder et Scully sont appelés à la suite du meurtre de Glazebrook, l'homme-crocodile, à l'aide d'une arme étrange. Ce sera le premier d'une longue série d'assassinats prenant place dans le milieu des "freaks" (dans le sens Tod Browning) locaux : femme à barbe, famille de nains, homme-chien, etc. Les deux agents seront baladés du début à la fin de cet épisode, le premier à se moquer des propres codes de la série à succès et à annoncer ce côté "laboratoire d'épisodes" avant que la sauce ne tourne un peu à force d'enlèvements extraterrestres et de cancer généralisé du poumon.

C'est vrai, il y en a, des idées de mise en scène chez Kim Manners. On dirait du Savary en moins ringard. L'épisode évoque assez l'idée d'un cauchemar éveillé - tableau de Bosch avec sa galerie de freaks - formé de saynètes éparses apparemment de plus en plus abscons. Centré autour de l'idée du préjugé, l'épisode va s'atteler à démonter le mythe qui se forme autour de Mulder et Scully. Le thème des apparences est décliné sous toutes ses formes et laisse poindre la dichotomie réel/a-normalité (ce qui nous mène d'ailleurs à la deuxième citation de Robe-Grillet vue chez Multa Paucis), ce qui est évidemment assez amusant pour un épisode de X-Files (la vérité est ailleurs). Je me souviens encore de la vision hallucinée de cet épisode au fur et à mesure des scènes de plus en plus décalées qui prennent le spectateur à rebrousse-poil et culminant avec cet outrage ultime au dernier plan :


Qu'allait faire Mulder après cet affront inacceptable ? Rentrer chez lui pour mater Star Trek ? On devine quand même à ce moment de X-Files que Duchovny est un peu plus qu'un acteur transparent, il prend manifestement assez de plaisir à être pris pour un imbécile et sûrement plus pour ce geek asocial aux cravates monotones et à l'hygiène de vie irréprochable.
De fait, le Duchovny s'essaie à l'écriture et à la réalisation de quelques épisodes de X-Files, tourne quelques films sympas (notamment the TV-Set sur l'univers des séries où il joue déjà le rôle d'un scénariste, réalisé par Jake Kasdan qui a signé quelques épisodes de F&G, petit film pas inintéressant du tout, mais j'y reviendrai plus tard), réalise lui-même un long (House of D / Le prince de Greenwich Village - à voir ?). Une filmo plutôt calme. Et puis c'est le drame.
Le Duchovny mute. Fait de la gonflette. Se laisse pousser les cheveux.

GOD HATES YOU ALL


Californication, ça fait du bien par où ça passe. J'avais découvert la série au moment de sa sortie aux États-Unis, c'est-à-dire avant que l'on en parle comme étant la série sulfureuse "cul". Oui, évidemment en France, une série "cul", ça peut se résumer à un bon mot entre Martin Lamotte et Dominique Lavanant dans Soeur Thérèse.com, ou l'évocation rapide du mot préservatif dans plus belle la vie - on aurait tort de bouder notre plaisir. Car avant de s'achever sur un final plutôt mou et sans surprise, Californication part sur des chapeaux de roues, s'appuyant sur un Duchovny pitoyable et érotomane qui essaye d'assumer sa paternité avec difficulté. Ses yeux de chien battu et sa belle gueule mal rasée renouvellent un peu ces rôles de vieux flics désabusés divorcés mais super-cools qui vont se battre jusqu'à la mort pour un idéal réactionnaire.

La coolitude de Hank Moody devient malheureusement un peu trop présente à partir de la moitié de la saison et l'on sent que Duchovny a un peu de mal à ne pas devenir totalement sympathique. Ceci étant une critique purement franchouillarde et même parisianiste - parce que je suis déçu par le manque de cynisme absolu - il faut reconnaître que Hank Moody est un héros tout à fait romantique et je ne peux que m'en réjouir.

Les rôles féminins sont sublimes et certaines scènes de face à face entre Moody et sa fille sont réellement touchantes. A part le couple d'amis formé par l'agent et sa femme ainsi que la "suicide girl" qui me semblent un peu caricaturaux, la série reste assez tendre avec ses personnages. La coolitude de Duchovny donne des dialogues en réparties assez drôles, quoique un peu trop systématiques et certaines situations - surtout les scènes de baise - sont parfois hilarantes. La mise en scène n'est pas extraordinaire mais le montage maintient le rythme. Les premiers épisodes sont de loin les meilleurs et on est déçu de ne pas voir développer le thème inscrit dans le titre, la Californie, nouvelle Babylone, dépeinte par l'écrivain New-Yorkais exilé et qui mixe en gros Amistead Maupin, Bret Easton Ellis et Douglas Copland.
Mais quand même, ça reste à voir. Sans doute une série à part, une série de language (comme Sébastien Bénédict l'écrit très bien à propos de Dr. House), une fin de série ?

Reste à savoir quelle sera la prochaine mutation de Duchovny. Personnellement, je le verrai bien dans le prochain Appatow, évolution logique vers le quadra déphasé, d'autant qu'il a déjà côtoyé la bande de F&G avec the TV Set.
En attendant, Duchovny va rempiler pour un X-Files 2 et Californication repartira pour une deuxième saison à priori. Espérons que la série saura se renouveler sans tomber dans le piège de la "comédie romantique" justement.
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Vendredi 28 mars 2008
C'est encore l'infatigable Olivier Joyard qui s'y colle. C'est pas la première fois, mais là ça fait vraiment plaisir !

« ...la série commence à intéresser une poignée de cinéphiles. Ils sont bien seuls, mais ils ont raison. »

Bien seuls, je ne l'espère plus pour longtemps. Une grande étape vient d'être franchie, on en parle dans les médias ! C'était l'objectif principal, je ne peux qu'être ravi, la petite étincelle a enfin pris grâce à vous et espérons que le feu prenne pour de bon...

Pour lire l'article... achetez les Inrocks ! (Un bon résumé des séries américaines en cours après la grève des scénaristes par le même Olivier Joyard), ou... cliquez sur l'image.
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Mercredi 19 mars 2008



Unaccompanied Minors de Paul Feig (2006)
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Lundi 17 mars 2008

En cloque, mode d'emploi de Judd Apatow
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Dimanche 16 mars 2008


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